Flash est sur son lit de mort, son arrêt est acte pour la fin de l'année 2020. Mais finalement, pourquoi le Flash devait-il mourir ? Est-ce réellement une mauvaise technologie ?

Flash c'est finit !

La nouvelle est un peu partout sur le Web donc vous en avez surement déjà entendu mais dans le cas contraire, laissez- moi vous annoncer qu'Adobe flash va mourir. Officiellement.

Pour être précis, Adobe indique qu'il arrêtera de supporter, distribuer et mettre à jour Flash à la fin de 2020.

Pour les plus jeunes d'entre vous qui ne s'intéressaient pas encore à l'informatique avant 2010, laissez- moi vous parler des raisons de son succès, qui annonçait déjà sa disparition programmée.

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Flash en 2006

En 2006, le développement web n'était vraiment pas ce que vous connaissez actuellement : Les navigateurs avaient le chic pour ne pas comprendre de la même manière les directives CSS et HTML les plus simples et le Javascript était un langage mou et vraiment pas agréable à manipuler. Le HTML5 n'était clairement pas encore d'actualité et nous n'avions pas vraiment d'outils comme les balises Canvas ou SVG sous la main.

Dans ce monde primitif florissait des choses étranges que l'on nommait "plugins", des logiciels propriétaires qui venaient se greffer aux navigateurs, et qui avaient pour but d'exécuter du code propriétaire sur ces derniers, comme par exemple Silverlight (sorti en 2007), Java et Flash.

Parmi les avantages des plugins nous pouvions retrouver la compatibilité : étant donné que le code n'était pas lu par le navigateur mais par un plugin, le rendu était identique pour tous les navigateurs disponibles, ce qui en soi était un gain de temps incommensurable. Mais plus que tout, nous avions droit à des outils et langages de développement modernes

En effet, si j'ai pris la date de 2006 pour poser mon histoire, ce n'est pas pour rien, c'est à cette date que Flash (qu'Adobe avait acheté il y a une petite année à peine) sortait la nouvelle version de son langage de Scripting : l'AS3Très proche du Javascript (actuel, pas celui de l'époque) avec une orientation objet très assumée, ainsi que des bibliothèques standard très complètes et documentées, le langage reste un de mes préférés toutes périodes confondu.

Ce langage ajouté à l'éditeur de flash, un IDE lie à une sorte de WYSIWYG d'édition d'animations, faisait de cette plateforme un outil phénoménale rarement égalé, même à l'heure actuelle.

Le debut de la fin

Les années de gloire de Flash ont commence à decliner avec la montée en qualité des navigateurs. Le Javascript devenait progressivement de plus en plus proche d'un langage digne de ce nom (que ce soit en fonctionnalités ou en performances) et les problèmes de compatibilités navigateurs s'estompaient progressivement.

L'arrivée de Canvas et de SVG permettait de gérer une scène de la même manière que Flash, et multiples bibliothèques Javascript qui sont sorties comblaient aisément le manque d'une bonne API native. En clair, tous les points noirs du développement web que Flash corrigeait étaient en train de disparaitre.

Les gros acteurs du web travaillant ensemble avaient une force de développement bien plus grande que celle d'une entreprise comme Adobe, ce qui fait que Flash c'est vite retrouvé à la traine d'un point de vue performances ou sécurité, et le fait que ce dernier ne soit pas open source n'était clairement pas un bon point non plus, mais le vrai gros problème de Flash reste pour moi celui-là : nous n'avions plus besoin de lui.

Le rejet

Avec la perte de popularité de Flash sont arrivés d'autres problèmes. Apple, voyant que Flash dernier n'était plus vraiment nécessaire et constituait une faille de sécurité probable, décida de bloquer cette technique sur iphone, une décision progressivement suivie par la plupart des autres plateformes mobiles. 

Ces décisions plus les trop nombreuses failles de sécurité critique de Flash faisant que les navigateurs prenaient parfois la liberté de bloquer le plugiciel rendaient les sites et animations Flash de moins en moins accessibles, dégradant encore l'image de ce dernier jusqu'à une étape finale inévitable : l'oubli progressif suivi de la mort.

Le futur

La perte de Flash peut sembler anecdotique, mais cela rendra illisible une grande part de l'histoire du Web. Des sites, jeux, et de nombreuses autres applications vont être perdues, et je ne peux qu'être triste de ce constat.

Il existe évidemment des initiatives comme par exemple une pétition proposant à Adobe de passer Flash open source, mais nous connaissons tous le poids des pétitions.

Pour ce qui est de l'AS3 en lui-meme, il existe actuellement des projets pour essayer de le sauver de l'abyme :

NextGen ActionScript est un transpileur pour transformer ce dernier en Javascript.

OpenFL est un portage de l'API de Flash, en javascript toujours.

 

Une conclusion ?

La mort de Flash était attendue, sa disparition progressive fut une bonne chose pour l'ouverture du Web et des standards, je ne suis donc ni surpris ni "déçu" que le Javascript n'ait pas gagné la bataille, surtout qu'il est maintenant un outil tout a fait convenable.

Néanmoins, je ne peux m'empêcher d'être triste. Flash fut une de mes premières plateformes de développement, j'ai connu mes premiers gros projets avec cette plateforme, mon premier projet remunéré fut avec cette plateforme aussi.

Merci donc à toi, Flash, pour ce que tu m'auras apporte et pour ce que tu auras apporté au web moderne.