Article 50 : ce que vous devez signaler
L’article 50 crée des obligations de transparence dans cinq cas : les chatbots, le marquage des contenus générés, la reconnaissance des émotions, les deepfakes et les textes d’intérêt public publiés sans relecture. Quatre concernent directement un studio web. L’information doit être claire, donnée au plus tard lors de la première interaction ou exposition, et accessible.
1. Les chatbots et assistants
Le fournisseur doit concevoir le système pour que l’utilisateur sache qu’il parle à une IA, sauf si c’est évident. Sur le site d’un client, ne laissez rien au hasard : un message d’accueil du type « Je suis l’assistant IA de la boutique » règle la question.
2. Les images, vidéos, sons et textes générés
Les fournisseurs d’IA générative doivent marquer ce qu’elles produisent dans un format lisible par machine. Ce n’est pas à vous d’ajouter ce marquage : il est posé par l’outil. C’est pour cela que les filigranes se multiplient.
- Claude : depuis le 2 août 2026, les nouveaux modèles d’Anthropic ajoutent un filigrane invisible à leurs textes, partout dans le monde, avec un déploiement en cours sur les modèles plus anciens. Les fichiers PNG ou JPEG générés reçoivent des Content Credentials C2PA, vérifiables avec le Claude Content Checker, gratuit. La détection des textes est réservée à des organisations éligibles.
- ChatGPT : OpenAI a annoncé le 5 octobre 2026 un filigrane invisible sur les textes de ChatGPT et Codex dans l’Union, « dans les prochaines semaines ». Ses images portent déjà des Content Credentials C2PA et un filigrane SynthID.
- Gemini et images Google : le filigrane SynthID se vérifie avec SynthID Detector, gratuit depuis le 7 octobre 2026.
Ne retirez pas ces marques des fichiers que vous livrez. Elles sont la preuve la plus simple de l’origine d’un contenu si un client ou une plateforme vous la demande.
3. Les deepfakes
Un deepfake, ou hypertrucage, est une image, une vidéo ou un son généré ou manipulé par IA qui ressemble à des personnes, objets, lieux, entités ou événements existants et pourrait passer pour authentique. Le déployeur doit signaler qu’il a été généré ou manipulé.
Pour un usage manifestement artistique, créatif, satirique ou fictionnel, il suffit de mentionner l’existence du contenu généré, sans gêner l’œuvre. Une illustration de mascotte ou un décor manifestement imaginaire ne sont pas des deepfakes : l’AI Act ne leur impose pas d’étiquette. D’autres règles peuvent en exiger une, comme celles de l’influence commerciale ou des plateformes. Et dès qu’une personne réelle est représentée de façon réaliste, signalez-le.
4. Les textes d’intérêt public
Un texte généré par IA et publié pour informer le public sur des sujets d’intérêt général doit être signalé. Sauf s’il a été relu par un humain et qu’une personne ou une entreprise en assume la responsabilité éditoriale.
Pour un blog d’agence ou de client, la conclusion est pratique : relisez, corrigez, et assumez la publication. C’est aussi ce que recommande notre guide SEO et GEO.
Le code de bonnes pratiques publié par la Commission le 10 juin 2026 précise ces règles et propose des icônes européennes pour étiqueter les contenus. Il est volontaire : ceux qui n’y adhèrent pas doivent démontrer leur conformité par d’autres moyens équivalents.
À retenir : chatbot présenté comme une IA, deepfakes étiquetés, textes relus : ces trois réflexes couvrent les cas courants de l’article 50 pour un studio web.